Photos
de tournage :
Motion International, Umberto Adaggi
Photos de Marina :
Marco Weber
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La
comédienne Marina Orsini vit une expérience inoubliable
en Afrique du Sud, où elle joue dans Dr Lucille, un
téléfilm consacré à Lucille Teasdale
et produit par Motion International. Cette femme médecin,
qui avait une clinique en Ouganda, a contracté le sida en
opérant un patient contaminé; elle est morte en 1996.
Marina Orsini nous fait des confidences sur les moments merveilleux
qu'elle vit là-bas, loin des siens et de son amoureux, Serge
Postigo.
Quand 7 Jours a joint Marina par téléphone,
elle venait à peine de finir de manger, après avoir
passé une longue journée sur le plateau de tournage.
« Je me sens bien, nous a-t-elle confié. Je suis
plongée dans la merveilleuse histoire que raconte le film.
Je suis très, très heureuse de travailler avec des
gens exceptionnels, à commencer par le réalisateur
George Mihalka, que je ne connaissais que de nom et de réputation
avant d'incarner Lucille Teasdale. Quelle belle rencontre j'ai faite!
».
Marina,
parlez-nous de vos premières journées en Afrique.
J'ai passé la première semaine à Johannesburg
pour la préproduction. J'ai rencontré les responsables
du maquillage et des costumes, puis je me suis installée
à Pretoria, la capitale, située à environ une
heure de Johannesburg. Le tournage a débuté le 18
octobre dernier à Nash Farm, une grande ferme privée
qui est à une heure de route de Pretoria, en pleine brousse.
C'est un paysage typique de l'Afrique telle qu'on l'imagine, avec
ses animaux sauvages... Après Nash Farm, je me suis rendue
près de Westfort, à environ 20 minutes de l'hôtel
où je loge.
À
quoi ressemble le climat de l'Afrique du Sud?
Ici, c'est le milieu du printemps. L'été s'annonce,
et le mercure commence à grimper jusqu'à 30 C et même
35 C. La plupart du temps, il fait très beau. Le soleil cogne
fort. Pour éviter la déshydratation, il faut boire
beaucoup d'eau. Comme nous nous trouvons à une très
haute altitude - à 2000 m (environ 6000 pi) au-dessus du
niveau de la mer -, le temps est très variable. En moins
d'une heure, ça change du tout au tout. Par exemple, on peut
quitter l'hôtel sous un soleil de plomb, se retrouver une
vingtaine de minutes plus tard dans les nuages et recevoir une averse
sur la tête, puis le soleil revient.
Racontez-nous
votre voyage à destination de l'Afrique.
J'ai pris un vol Montréal-Paris; j'ai été en
transit pendant 12 heures, pour ensuite reprendre un autre vol à
destination de Johannesburg. Je suis arrivée là-bas
11 heures plus tard. C'est long, deux jours de voyage, surtout quand
on porte un sac à dos et les mêmes vêtements.
Je n'avais qu'une idée : me laver et dormir dans un bon lit...
Avez-vous
ressenti un choc lorsque la porte de l'avion s'est ouverte sur l'Afrique?
Le choc a été moins grand que je ne le pensais. Je
m'étais imaginé tant de choses! Il faut dire que ça
faisait longtemps que je voulais aller en Afrique. J'avais les yeux
rivés au hublot quand l'avion a atterri. Je m'attendais à
voir des girafes ou des éléphants du haut des airs,
mais non. Johannesburg, c'est une grosse ville, comme Pretoria,
d'ailleurs. L'Afrique est vraiment fascinante.
Qu'est-ce
qui vous fait dire ça?
Quand on quitte les centres urbains, on se retrouve très
vite en pleine brousse. Les contrastes sont très grands.
Au cours d'une même heure, on passe des buildings les plus
modernes, et de la circulation la plus dense et la plus bruyante,
à un petit village où - j'exagère à
peine - les gens vivent dans des huttes!
Vous
qui adorez les animaux, quand en avez-vous aperçu à
l'état sauvage?
Quand les premières scènes ont été tournées
à Nash Farm, une terre de 25 000 acres de montagnes et de
brousse, avec des paysages à couper le souffle. Plusieurs
scènes du long métrage Souvenirs d'Afrique (Out
of Africa) ont été filmées là. On
peut voir des zèbres, des girafes et plusieurs espèces
d'antilopes. Je me suis sentie comme une petite fille de cinq ans
dans un magasin de jouets. Je n'avais pas les yeux assez grands
pour tout voir, hypnotisée par la beauté des lieux.
Peu avant le début du tournage, des membres de l'équipe
et moi, nous sommes allés une journée entière
à Pilanesburg, un parc national réputé pour
ses safaris. Avec un guide, nous sommes partis très tôt
le matin. On s'est rendu jusqu'à Sun City, une sorte de ville
morte où il n'y a plus qu'un gros casino, un complexe touristique
magnifique et des sculptures d'éléphants. Ensuite,
dans le parc, on a pris des tonnes de photos d'animaux notamment
de rhinocéros et de sangliers sauvages. J'avoue que j'aimerais
rester plus longtemps en Afrique du Sud, parce qu'il y a énormément
d'endroits magnifiques à visiter. Je reviendrai ici, c'est
certain.
Vous
sentez-vous triste, le soir venu, lorsque vous vous retrouvez seule
dans votre chambre et que vous réalisez que vous serez pendant
encore quelque temps loin de votre famille, de votre chum et des
gens que vous aimez?
C'est toujours difficile de quitter son chez-soi et les gens qu'on
aime. Par contre, je ne me suis jamais sentie seule, parce que je
suis bien entourée. L'équipe de tournage est formée
de plusieurs Québécois et Africains. J'ai une belle
complicité avec Valérie Allard, la directrice de production,
et François Lamontagne, en fait avec tout le monde mais je
ne peux pas tous les nommer. J'ai aussi d'excellents rapports avec
les Africains. Bien sûr, j'aimerais partager avec mon monde
les journées inoubliables que je vis ici depuis mon arrivée,
mais ce n'est que partie remise. À mon retour à la
maison, je me ferai un plaisir de raconter tout ce que j'ai vécu
et de montrer mes photos.
Avez-vous
gardé contact avec votre chum, Serge Postigo?
Oui, mais nous n'aurons pas à payer un compte de téléphone
astronomique! (rires) Avant qu'il vienne me rejoindre pour
quelques jours à peine, nous avons correspondu par Internet
pendant un mois et demi, en dépit d'un décallage horaire
de 7 heures. C'est un moyen de communication extraordinaire. Dire
qu'il a fallu que j'aille en Afrique du Sud pour en découvrir
l'utilité! J'étais déjà branchée
au Québec, mais je ne me servais pas de ce réseau,
sans doute parce que je n'en avais pas vraiment besoin...
Est-ce
la première fois que Serge et vous êtes séparés
par le travail pendant une aussi longue période?
Oui.
Comment
trouvez-vous cette expérience?
C'est toujours un peu spécial de s'en aller de la maison,
ne serait-ce que pour une ou deux semaines, alors imaginez quand
on s'absente pendant deux mois! C'est une tout autre affaire. On
apprivoise un autre mode de vie... et on fait des découvertes
extraordinaires. En ce qui nous concerne, Serge et moi, les liens
qui nous unissent sont devenus à la fois plus riches et plus
solides.
Serge
ne vous a-t-il pas rejointe en Afrique du Sud?
(On la sent radieuse au bout du fil.) Oui. Il est venu passer
quelques jours ici. J'avais très hâte de partager tout
ce que je vis avec Serge, de l'emmener sur le plateau, de lui faire
rencontrer l'équipe, etc. Ç'a été extraordinaire
de l'avoir avec moi sur les lieux de tournage. Malheureusement,
il n'est pas resté en Afrique du Sud très longtemps
: il est demeuré seulement huit jours avec moi, parce qu'il
a beaucoup de boulot à Montréal.
Quels
endroits aviez-vous hâte de lui faire découvrir?
Outre les lieux de tournage, je voulais lui faire voir Nash Farm.
Comment
trouvez-vous la nourriture?
L'hôtel où je loge est situé sur le bord de
l'eau dans une ville aussi importante que les grands centres urbains
de chez nous. Le service est très bon, la nourriture est
excellente, les vins sont extraordinaires et ils ne coûtent
pas cher. Tout près, il y a de très, très bons
restaurants. Mais c'est un traiteur qui prépare les plats
de toute l'équipe de tournage. Certaines fois, il sert le
petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner à
plus de 400 personnes! C'est un excellent traiteur.
Vous
arrive-t-il de vous préparer à manger, par exemple
pendant vos jours de congé?
Puisque le tournage a lieu six jours sur sept, c'est rare que j'ai
le temps de cuisiner. Nos chambres sont comme de petits appartements
avec une petite cuisinette qui nous permet d'assouvir nos petites
fringales.
Comment
qualifiez-vous l'accueil que vous ont réservé les
Africains?
Merveilleux. Je ne manque de rien. Chaque jour, quelqu'un vient
me chercher à l'hôtel et m'y ramène. Mes conditions
de travail sont vraiment très bonnes. On se fend en quatre
pour nous rendre service!
Comment
votre rencontre avec Massimo Ghini, qui incarne Piero Corti, le
mari de Lucille Teasdale, s'est-elle déroulée?
Massimo est un très bon camarade, et j'adore travailler avec
lui. Dès l'instant où nous nous sommes rencontrés,
notre relation a été franche, sincère, honnête.
La même chose s'est produite avec le comédien Lou Gossett
Jr, qui interprète David, le meilleur ami de Piero et de
Lucille. C'est un homme adorable, très généreux,
qui a une grande âme et qui adore la vie et les gens. Je suis
certaine que Massimo et Lou resteront dans ma vie après la
fin du tournage. Nous sommes des complices de travail, mais aussi
des amis. Ce sont là de beaux cadeaux que la vie m'a faits.
Tous les acteurs de cette production ont à coeur l'histoire
de Lucille et de Piero. Nous travaillons ensemble pour les mêmes
raisons et nous avons un but commun. Nous sommes tous sur un pied
d'égalité. Je crois aussi que nous formons tous -
y compris les très nombreux acteurs africains de ce film
- une grande famille. Pour employer un vocabulaire sportif, je dirais
que nous donnons « notre 300% ». On adore tous le scénario
et nous travaillons très fort, mais avec plaisir. Nous avons
la conviction profonde que nous faisons tous quelque chose d'important.
Piero
Corti a séjourné parmi vous. Je sais que vous aviez
hâte de le revoir. Comment vos retrouvailles se sont-elles
déroulées?
Il est resté ici environ deux semaines. Je me considère
comme privilégiée de l'avoir eu à mes côtés
pendant une partie du tournage. Il m'a raconté sa vie de
vive voix. C'était unique. Nous avons véritablement
passé des moments magiques.
Vos
rencontres ont-elles modifié votre façon de percevoir
et d'interpréter votre personnage?
Oui. Nos échanges m'ont énormément nourrie.
Aucun livre, aucun document n'égale le témoignage
qu'il a fait sur sa vie et sur celle de sa femme.
Quels
sont les plus beaux souvenirs que vous garderez de votre séjour
en Afrique du Sud et du tournage?
Ma rencontre avec les Sud-Africains, tant les Blancs que les Noirs.
Ils sont attachants, doux, beaux, gentils et généreux.
Et jamais je n'oublierai les moments passés dans la brousse,
au milieu des animaux sauvages. Très jeune, je regardais
déjà des documentaires sur les animaux avec mon père
et je n'ai jamais cessé depuis.
Y
a-t-il des scènes du film qui seront filmées au Québec?
Non. Aucune. Dr Lucille aura été entièrement
réalisé en Afrique. Même les scènes qui,
dans le scénario, se passent en Italie et à Montréal
ont été tournées ici. C'est extraordinaire!
C'est d'ailleurs une des particularités géniales de
ce pays : tous les pays du monde se « retrouvent » en Afrique du
Sud. On peut être dans une ville entourée de montagnes
aux pentes enneigées et se croire dans les Alpes ou être
sous les palmiers au bord de la mer et s'imaginer dans les îles
Fidji. On peut aussi avoir l'impression d'être au Québec,
à cause des paysages vallonnés qui ressemblent aux
nôtres.
Marina,
quand revenez-vous au Québec?
Fin novembre. J'ai bien hâte de partager mon expérience
avec les miens et de visiter mon frère, qui vient d'avoir
un bébé.
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