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Le
22 octobre, TVA présentera Dr Lucille - Un rêve
pour la vie, le téléfilm sur Lucille Teasdale,
une femme qui a littéralement donné sa vie pour l'hôpital
qu'elle a mis sur pied en Ouganda avec son mari et complice, Piero
Corti. Littéralement, puisqu'elle est morte du sida après
avoir été contaminée lors d'une opération
qu'elle pratiquait. Pour incarner ce médecin, TVA international
a choisi une dame d'envergure, Marina Orsini.
L'oeuvre
de Lucille et Piero est immmense, exceptionnelle et inspirante.
Voilà le genre d'histoire qui redonne foi en l'humain, pour
ceux qui, aveuglés par son côté noir, avaient
perdu espoir en lui. Marina a accordé une entrevue au Lundi
avant de s'envoler pour l'Asie. Sa propre grandeur d'âme pousse
à réfléchir et à se retrousser les manches.
Découvrir la vie de Lucille Teasdale et celle de Marina Orsini,
c'est voir le monde sous un jour meilleur.
Marina
Orsini, pour vous, la production de Dr Lucille est déjà
assez loin dans le temps, non?
Il
y a un peu plus d'un an, je partais pour l'Afrique. En fait, j'ai
quitté le Québec le 25 septembre 1999 et je suis revenue
le 28 novembre.
Elle
ne doit pas être très loin dans votre coeur, puisque
vous avez vécu, grâce à elle, des moments inoubliables...
En
effet. Puis, après le tourange, il y a eu la postproduction
et, ensuite, plusieurs entrevues et de la promo à faire pour
la sortie de l'émission en anglais, puisqu'elle a été
diffusée à la fin d'avril au réseau CTV. Enfin,
j'ai fait le doublage en français, et nous sommes à
préparer une nouvelle version pour la France. Alors, je peux
dire que j'ai beaucoup vécu avec Lucille depuis un an.
Allez-vous
également participer à la version en italien?
Les
producteurs y travaillent présentement mais, finalement,
je n'y prends pas part.
Je
sens chez vous une certaine déception.
Oui.
Je voulais y participer et j'avais dit que je le ferais, alors j'ai
beaucoup de peine. Mon accent italien ne leur convenait pas : il
ne correspond pas à celui de l'italien dit international.
Je peux comprendre ça, mais j'aurais bien aimé que
les membres de ma famille qui vivent en Italie m'entendent parler
leur langue maternelle.
Où
habitent-ils exactement?
À
Rome. Mon père, lui, est originaire d'une région située
au nord-est de la capitale.
Le
fait que vous soyez d'origine italienne a dû colorer la relation
que vous avez eue avec le comédien Massimo Ghini. Est-ce
que je me trompe?
Non,
vous avez tout à fait raison. Lorsque nous nous sommes rencontrés,
nous parlions constamment en italien. (Sourire) D'autant plus que
Massimo habite lui-même à Rome. Alors, je dirais que
nous avons ressenti un lien presque familial. J'ai vraiment eu l'impression
de rencontrer un cousin. D'ailleurs, que la cordialité et
la convivialité s'établissent rapidement entre deux
personnes, c'est tout à fait italien.
Avez-vous
eu des conversations autour de quelques plats de pâtes?
(Sourire)
Oui. Pendant le tournage, Massimo a même fait venir des tomates
directment d'Italie! Un soir, il a préparé un repas
pour tous les membres de l'équipe québécoise.
Savez-vous
apprêter les mets italiens?
Oui,
je ne suis pas si mal. Je fais d'excellentes recettes de ma mère
et de mon père, qui était d'ailleurs un très
bon cuistot.
J'ai
en effet lu une entrevue où vous racontiez qu'il faisait
son propre prosciutto.
Tout
à fait : il en préparait chaque année avec
ses tantes. Le prosciuotto était suspendu au bout d'une grande
corde dans la chambre froide de notre maison.
Une
grande mission
Quelle
est l'expérience humaine la plus mémorable que vous
avez vécue en Afrique du Sud, où s'est déroulé
le tournage de Dr Lucille?
Celle
d'avoir été plongée dans l'univers de Piero
et Lucille, qui avaient choisi de passer leur vie à venir
en aide aux autres. Finalement, ça se résume en un
mot : l'humanité.
Cet
exemple de don de soi permanent est édifiant et touchant,
n'est-ce pas?
Tout
à fait. C'est la réponse parfaite à votre question
précédente. Piero continue le travail, sa fille s'occupe
de la fondation en Italie - il en existe une autre ici, au Québec.
Ce sont des êtres exceptionnels et très attachants.
Auriez-vous
été capable de faire comme eux, de tout laisser derrière
vous pour être 24 heures sur 24 au services des autres?
C'est
une grande question. Je ne sais pas. (Silence) Chose certaine, j'ai
beaucoup d'admiration pour ce genre de vie, et ça m'attire.
Ça faisait d'ailleurs partie de mes rêves de jeunesse.
Sauf que ma vie a été autre. Mon métier me
permet néanmoins de partager pour un temps des expériences
humaines de ce type et de défendre certaines causes humanitaires.
Vous
vous êtes déjà engagée auprès
de la Fondation pour la greffe de la moelle osseuse et, si je ne
me trompe, vous l'êtes toujorus avec Tel-Jeunes...
Oui,
je suis porte-parole de cet organisme depuis 10 ans. J'ai besoin
de sentir que j'aide les autres. Notre profession nous procure l'avantage
et le privilège de devenir des personnes publiques, alors
il faut se servir de cette réalité pour améliorer
le sort d'autrui.
Vous
êtes de nature très sensible.
Oui.
La souffrance des autres me touche, me chavire, me bouleverse. Par
de petits gestes, on peut faire en sorte que la vie des gens soit
moins dure. On espère toujours réaliser de grandes
choses et être très riche pour venir au secours de
certains pays. Moi, je n'ai pas tout cet argent-là.
(Blagueur:)
Ah non?
(Sourire)
Non, sauf que si c'était le cas, je sais comment je l'utiliserais.
Que
feriez-vous?
Si
j'étais multimillionnaire, j'éliminerais certaines
difficultés autour de moi. Ici aussi, il y a de la misère.
Le
tiers-monde se trouve également à Montréal.
Tout
à fait. Je ferais en sorte qu'il y ait le moins de sans-abri
possible. Je construirais des maisons, etc. Mais il n'est pas nécessaire
d'avoir de l'argent pour aider les gens dans la vie de tous les
jours. Il y a plein de petits gestes qu'on peut faire, comme donner
un coup de main à celui qui a de la difficulté à
ouvrir une porte ou encore prendre un moment pour réconforter
une personne qui en a besoin, etc.
Donnez-vous
quelques pièces à tous les sans-abri que vous croisez
dans la rue?
J'essaie,
oui.
Le
respect des autres
À
mon avis, un mot exprime bien ce qu'il y a de commun entre Lucille
Teasdale, Piero Corti et Marina Orsini : la générosité.
Cela revient souvent dans la bouche des gens qui parlent de vous.
(Sourire)
Je serais incapable d'être autrement. (Silence) Au travail
comme dans la vie, j'aime les situations harmonieuses. J'aime qu'on
me respecte, alors je respecte également les autres. Chaque
être est important. Voici sûrement un héritage
de mes parents. Parce que, pou moi, la vie, c'est une question d'échanges.
Je considère que je reçois beaucoup, alors je veux
donner en retour. Lucille et Piero, eux, ne s'accordaient pas un
très gros salaire. Imaginez, au début, Piero allait
chasser pour nourrir le personnel! Alors, il faut parler d'eux pour
que leur oeuvre se poursuive. Peut-être aussi que raconter
leur vie inspirera d'autres personnes à suivre leur exemple.
Je pense entre autres à ma tante Rose qui a pris sa retraite
il y a quelques années : eh bien, elle s'est aussitôt
envolée vers Haïti, où elle a travaillé
auprès de jeunes enfants dans des dispensaires et des orphelinats.
Mais, encore là, il y a différentes façons
d'épauler les gens : c'est également adresser un sourire
à quelqu'un qu'on croise dans la rue, plutôt que d'avoir
l'air bête.
Ce
qui ne doit pas être fréquent dans votre cas.
Non,
certaines journées, je peux être réservée,
davantage dans ma bulle, mais je suis incapable d'être bête
avec les autres. Moi, je crois qu'on peut changer le sort de l'humanité
au quotidien.
Un
simple sourire peut être très puissant.
Absolument.
Et on se rend compte ensuite qu'on en bénéficie soi-même
grandement.
Au-delà
de ces gestes, aimez-vous offrir des cadeaux?
(Sourire)
Oui, j'adore ça. J'aime aussi beaucoup aller magasiner pour
les dénicher.
Quel
est le dernier cadeau que vous avez fait?
J'ai
offert un livre à Jo Pat, ma maquilleuse dans la télésérie
L'or. J'ai choisi le dernier roman de Paolo Cuelo, Véronica
décide de mourir.
Pourquoi
celui-là et non un autre?
Parce
que j'aime beaucoup cet écrivain et que nous en avions parlé,
elle et moi. Cet auteur s'intéresse énormément
à l'âme, à la vie intérieure, et j'apprécie
ce genre de réflexion.
Est-ce
que vous lisez beaucoup?
Non.
je le fais avant de me coucher, en voyage ou encore lorsque j'ai
besoin de me relaxer à la maison. Par contre, j'achète
plusieurs livres.
Qu'est-ce
que vous préférez faire pour vous détendre?
Déjà
d'être chez moi, c'est une détente, puisque j'habite
à la campagne. Sinon, j'aime me retrouver autour d'une bonne
table avec ma famille et mes amis, partager avec eux un bon vin,
rire et discuter jusqu'à 2 ou 3 h du matin.
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