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L'année Marina Orsini

Par Julie Stanton
novembre 2001
Source : Madame, vol. 36 no 8
Photos : Stéphane Dumais

Marina
Marina

Pendant que le photographe mitraille son visage parfois grave, parfois rieur, Marina Orsini, en ce matin du mois d'août, renvoie l'image de la fille superbe qui crève le petit écran cette année, à travers de nombreuses productions télévisées.
 
La voix, les gestes, le sourire sont les mêmes que ceux qui l'ont rendue si attachante et qui, ajoutés à son indéniable talent, lui ont valu la reconnmée et l'amour du public. Et pourtant, il y a quelque chose de différent chez elle. Un je ne sais quoi de plus affirmé, de plus libéré peut-être. Dès le premier coup d'oeil échangé entre nous, au mlieu des cliquetis de l'appareil photo, j'ai tout de suite su que la jeune Marina des Filles de Caleb était devenue une femme : toujours aussi belle et même davantage, car habitée d'une maturité qui transcende ses atouts physiques. À sa réputation de douceur, d'humilité et de gentillesse exceptionnelles, s'ajoute maintenant l'assurance évidente de celle qui, à l'écoute d'elle-même, certaine de ses choix, ne craint plus de déplaire en se départissant de son rôle de petite fille modèle, sage et obéissante.

Marina se love au creux du canapé, dans ce studio où les confidences nous réuniront. Très sollicitée en raison de son omniprésence au petit écran durant les prochaines saisons, la comédienne n'en finit plus de courir d'une entrevue à l'autre. La femme aspire, en ce magnifique vendredi, aux prochaines heures de liberté qu'elle passera en compagnie de son amoureux Serge Postigo et de leur nièce, bébé Maria, dans leur maison des Cantons-de-l'Est. Son visage s'illumine lorsque, parlant enfants, elle évoque également le nom de leur filleule Jessica, ce qui ne laisse aucun doute sur la tendresse que les tout-petits font naître en elle. Puis, revenant à la perception que je lui ai confié avoir d'elle-même, elle enchaîne : « Je pense être toujours la même Marina que du temps du premier Lance et compte il y a presque 15 ans maintenant. Mais plus je vieillis, plus j'assume pleinement qui je suis. Auparavant, je ne voulais pas faire de colères, ni causer de la peine à mes proches, ni heurter la sensibilité de quiconque. Je ne voulais pas déplaire. La majorité des gens, je crois, traversent ce genre de période. Aujourd'hui, bien sûr, je veux toujours qu'on m'aime, mais pas au détriment de moi-même. Il faut imposer ses limites si on veut se faire respecter, même au risque de passer pour une enquiquineuse. À 34 ans, je m'accepte davantage comme je suis. Je sais que mes faiblesse peuvent constituer aussi une force. Il faut seulement que j'apprenne à bien m'en servir. Si mon impulsivité, par exemple, est source d'impatience, elle est aussi source d'énergie. J'ai cheminé, comme vous dites. Et pourquoi? Parce que j'ai terriblement envie d'être heureuse, que je choisis de l'être chaque matin et que je veux l'être tous les jours. C'est pouquoi j'essaie de porter attention aux gens que j'aime et que j'estime. »

[...]

Marina Orsini, qui parle trois langues, a tournée des centaines d'heures de film au Canada, en Europe et aux États-Unis. Honorée à maintes reprises pour ses performances, elle a participé à des productions qui ont souvent été d'énormes succès. Suzie Lambert dans Lance et compte, Émilie dans Les Filles de Caleb et Blanche, Sophie dans L'Or et le Papier, Dre Michèle Imbeault dans Urgence I et II, Shehaweh dans la série du même nom, soeur Marie dans Miséricorde, sans oublier l'inoubliable Dre Lucille Teasdale dont elle a fait revivre la passion et le dévouement, voilà autant de figures féminines à qui la comédienne a prêté sa fougue et son talent. Chacune de ces héroïnes fait-elle remarquer, était dotée d'un caractère bien trempé, ce qui a contribué à nourrir sa propre personnalité. Mais ce qu'elle aime par-dessus tout dans ce métier, c'est qu'il lui permet de concrétiser une partie de ses rêves d'enfant où, selon les jours et ses humeurs, elle se voyait avocate, traductrice, vétérinaire ou missionnaire en Afrique!

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Heureusement que Marina partage ses jours, ainsi qu'une vivifiante complicité professionnelle avec un homme dont le rythme s'accorde au sien! Elle qui privilégie l'équilibre dans as vie, elle donne à l'amour tout le temps et toute la place qu'il lui faut pour fleurir et s'épanouir. La comédienne avoue qu'elle n'aimerait pas avoir seulement une carrière dorée. « L'amour, pour moi, c'est préciux et fragile. C'est quelque chose d'unique, d'exclusif, de priviligié et de grand. Je ne pense pas que je pourrais être heureuse sans une vie de couple. Et vice-versa, une vie de couple ne suffirait pas à mon bonheur. J'ai besoin des deux. Je vous l'ai dit, je suis terriblement gourmande! »

 

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